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4. Conforter la petite
entreprise dans son environnement économique |
A. Rendre équitable l’accès
aux marchés pour les petites entreprises
1. Lutter contre les concurrences déloyales
2. Permettre aux petites entreprises un égal
accès aux marchés publics
3. Prendre en compte les caractéristiques
des petites entreprises lors de l’élaboration des réglementations
4. Soutenir l’organisation en coopératives
L’artisanat
et le commerce de proximité participent à part entière à l’activité économique,en
tout point du territoire. Ils sont potentiellement aptes à être
présentes sur tous les marchés. L’UPA réfute
absolument l’idée selon laquelle les petites entreprises
ne sont pas de taille à répondre à la demande
du marché pour quelque raison que ce soit (marchés publics,
exigences normatives, niveau technologique…). Il peut être
néanmoins utile de les aider à maintenir leurs parts
de marchés voire d’en conquérir de nouvelles. Dans
cet esprit, il convient, pour commencer, de supprimer toute forme avérée
de distorsion de concurrence. |
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Il faut élaborer et conduire
une politique cohérente de développement des activités
artisanales et commerciales dans les centres-villes, les zones urbaines
périphériques et les communes rurales. On reconnaîtra
ainsi, en lui donnant les moyens de se développer, le rôle
social et structurant de l’artisanat et du commerce de proximité” |
1. Lutter contre les concurrences déloyales
a) Encourager le développement
du commerce de proximité
Le nombre de mètres carrés de grandes surfaces
commerciales autorisées ne cesse de croître.
Dans 80 % des cas, les Commissions départementales
d’équipement commercial – CDEC –
émettent un avis favorable.
Une réforme de l’urbanisme commercial est
en cours. Les orientations définies ne doivent
pas conduire à renforcer le déséquilibre
actuel entre la grande distribution et le commerce de
proximité mais au contraire à permettre
un véritable rééquilibrage en faveur
du commerce de proximité. Ce point correspond,
en effet, à un choix de société de
maintenir des commerces de proximité dans les centres
villes, les quartiers et les villages. Veut-on oui ou
non des commerces de proximité demain dans les
centres villes, les quartiers et les villages ? Telle
est aujourd’hui la véritable question posée.
La loi du 2 août 2005 en faveur des PME a, par ailleurs,
relancé la “guerre des prix” au sein
de la grande distribution. Cette guerre accroît
la pression sur les marges, au détriment des fournisseurs,
notamment des petites entreprises et du commerce indépendant.
Enfin, il n’est pas souhaitable de modifier le principe
de repos dominical des salariés. La généralisation
de l’ouverture dominicale des commerces permettra
en effet aux grandes surfaces de s’organiser, avec
leurs salariés, pour ouvrir sept jours sur sept.
Les artisans et commerçants indépendants,
qui emploient en moyenne trois ou quatre salariés,
seront, eux, dans l’incapacité de le faire.
Au final, de nouveaux milliers d’emplois seront
détruits dans le commerce de proximité.
Les distributeurs, interdits officiellement du petit écran
depuis 1968, sont depuis le 1er janvier 2007 autorisés
à faire de la publicité sur les chaînes
nationales. Dès 2003, l’UPA a contesté
l'alibi européen sur lequel s’est appuyé
le Gouvernement pour permettre à la grande distribution
de faire de la publicité à la télévision.
Le budget prévisionnel TV de la grande distribution
s'élève pour l’année 2007,
à 220 millions d'euros. Ces chiffres sont très
importants et un rééquilibrage est sur ce
point également nécessaire afin de permettre
au commerce de proximité de maintenir son activité
dans les centres villes, les quartiers et les villages.
Les problèmes de la grande distribution ne doivent
pas être réglés par des mesures conduisant
à détruire des emplois, salariés
ou non salariés, dans l’artisanat et le commerce
de proximité.
| Nous
proposons de : |
| 82 |
Assurer aux Observatoires
départementaux d’équipement
commercial – ODEC – les moyens d’un
fonctionnement normal et renforcer leur rôle. |
| 83 |
Rendre opposables
les schémas de développement commercial
(SDC). |
| 84 |
Évaluer l’impact
des dispositions de la loi du 2 août 2005
en matière de fixation des prix et de calcul
du seuil de revente à perte sur le commerce
indépendant et en tirer la conclusion logique. |
| 85 |
Appliquer strictement
les règles actuelles concernant le repos
dominical des salariés. |
| 86 |
Encadrer et contrôler
les concentrations des centrales d’achat
de la grande distribution. |
| 87 |
Permettre au commerce
de proximité d’assurer une communication
grand public en favorisant la mise en place d’outils
de communication adaptés. |
b) Encadrer plus strictement
la pluriactivité agricole
L’artisanat
et le commerce de proximité réitèrent
leurs craintes vis-à-vis du mode de développement
actuel de la pluriactivité agricole. Une même
activité (entretien de bords de route, fabrication
de produits alimentaires…) peut ainsi être
exercée par un artisan et par un agriculteur dans
des conditions fiscales bien plus avantageuses pour l’agriculteur.
La loi de finances pour 2006 aggrave encore les distorsions
de concurrence au détriment de l’artisanat
et du commerce indépendant : elle relève
le seuil de comptabilisation, parmi les bénéfices
agricoles, des autres bénéfices réalisés
par les agriculteurs.
Cette mesure peut remettre gravement en cause l’équilibre
de terrain entre les différents acteurs ruraux.
Elle peut ainsi générer, sur ces territoires,
des tensions aussi inutiles que dangereuses. Le respect
des règles applicables à l’activité effectuée
selon sa nature réelle reste le meilleur garant
d’une concurrence loyale.
| Nous
proposons de : |
| 88 |
Consacrer enfin en
droit le principe “mêmes droits, mêmes
devoirs” pour l’exercice d’une
activité identique, quelle que soit sa forme
d’exploitation. |
 |
Pour une
même
activité : même statut,mêmes
droits, mêmes devoirs” |
c) Lutter contre le travail non déclaré
Le
travail illégal touche tous les secteurs d’activité.
Véritable menace pour les entreprises de main-d’œuvre
et en particulier les entreprises artisanales, il porte
aussi atteinte à l’équilibre des
finances publiques et de la Sécurité sociale,
perturbe le marché du travail et fausse la concurrence
dans son ensemble. De plus, il génère des
drames humains inadmissibles.
| Nous
proposons de : |
| 89 |
Renforcer les contrôles
sur les personnes qui effectuent des activités
non déclarées et pas seulement sur
les entreprises existantes et immatriculées. |
d) Encadrer le développement des
services à la personne
Face à la
tension du marché du travail, toute initiative
visant à développer la création
d’emplois mérite l’attention. Sous
couvert de cet objectif, les nouvelles initiatives ne
doivent toutefois pas rompre les conditions d’égalité d’exercice
d’une profession. Elle ne doivent pas conduire
non plus à instaurer des pratiques concurrentielles à caractère
déloyal, déstructurantes pour le tissu
des entreprises existantes.
Ainsi, l’essor économique du secteur des
services à la personne ne doit pas se traduire
par une déstabilisation de certaines activités
du secteur privé marchand. Il s’agit d’y être
d’autant plus attentif que ce risque est inhérent à la
définition même du champ d’activités
que recouvre ce secteur.
| Nous
proposons de : |
| 90 |
Faciliter l’accès
des entreprises artisanales au marché des
services à la personne. |
2. Permettre aux
petites entreprises un égal accès aux
marchés publics
L’UPA a toujours été défavorable à l’idée
d’une discrimination positive pour les petites
entreprises. Elle plaide pour une compétition
ouverte, à égalité de chances
et de traitement sur tous les marchés publics.
On constate cependant que les petites et moyennes
entreprises ont moins accès aux marchés
publics que les grandes structures. Ce manque d’équité mérite
correction.
| Nous
proposons de : |
| 91 |
Introduire dans
le code des marchés publics, le recours
systématique à l’allotissement. |
| 92 |
Exiger des collectivités
et organismes publics le respect des dispositions
en faveur des PME (avance forfaitaire, versement
des intérêts moratoires en cas
de dépassement des délais de
paiement, restitution automatique de la retenue
de garantie, avance facultative pour le préfinancement
des marchés). |
| 93 |
Instaurer un
système
d’accompagnement des petites entreprises
qui les aide à accéder normalement
aux marchés publics. |
3. Prendre
en compte les caractéristiques des petites
entreprises lors de l’élaboration des
réglementations
Associés en amont à l’élaboration
des directives européennes, les pouvoirs publics
nationaux ont ensuite la fâcheuse tendance à désigner “l’Europe” comme
responsable des nouvelles réglementations.
Or ces dernières, souvent difficiles d’accès
aux petites entreprises, font peser sur celles-ci
de très fortes contraintes. De plus, le nombre
important, ces dernières années, de
transpositions de directives, se traduit par un excès
de réglementation. Sur ce sujet encore, l’UPA
demande une meilleure prise en compte de la réalité des
petites entreprises.
Concernant plus particulièrement la santé au
travail, il faut lever le sentiment d’inquiétude
des chefs de petite entreprise face à une
dérive générale des textes européens.
Ces textes ont tendance à faire supporter
systématiquement à l’entreprise
tous les risques de santé des salariés,
faisant même abstraction des facteurs extraprofessionnels.
| Nous
proposons de : |
| 94 |
Procéder,
avant d’élaborer et d’édicter
toute nouvelle règle française
ou européenne, à une étude
d’impact, en particulier pour les entreprises
employant jusqu’à vingt salariés. |
| 95 |
Soumettre toute
transposition de texte européen en droit
français à une concertation préalable
avec les partenaires sociaux. |
| 96 |
Soumettre toute
création ou transposition de texte concernant
la santé au travail à une évaluation
rigoureuse des progrès effectivement
attendus pour la santé des salariés
qui pourraient être concernés. |
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Les
normes et réglementations doivent absolument être
rendues accessibles aux artisans et aux petites
entreprises, tant en ce qui concerne leur lecture
que leur mise en œuvre et leur coût” |
4. Soutenir
l’organisation en coopératives
La structure coopérative est l’un des
outils permettant aux petites entreprises de s’adapter
aux mutations de l’environnement économique,
d’assurer leur compétitivité et
leur accès aux marchés, de s’approprier
les innovations technologiques et d’apporter
au consommateur un service de proximité et
de qualité.
La coopérative artisanale
crée de l’emploi, directement en son
sein mais aussi indirectement grâce au développement
de l’activité des membres coopérateurs.
Elle permet aux petites entreprises de mieux peser
au sein de leur filière professionnelle. Elle
contribue au maintien du tissu socioéconomique,
notamment en milieu rural, grâce une maîtrise
renforcée et performante de la distribution
de biens et de services. En s’appuyant sur
les forces vives locales, qu’elle contribue
ainsi à fixer, la structure coopérative
apporte une forme de réponse aux effets dommageables
de la concentration et de la mondialisation. Cette
organisation participe de la liberté d’“entreprendre
autrement au sein de sociétés de personnes,
alternatives aux sociétés de capitaux.
Elle suppose toutefois la préparation des
artisans et leur accompagnement dans de nouvelles
responsabilités d’associés et
de mandataires. Elle demande aussi la mobilisation
de moyens au sein de structures juridiques adaptées.
Le statut des sociétés coopératives
artisanales, institué par la loi du 20 juillet
1983, donne aux artisans un cadre juridique organisateur
et protecteur. Il les dote également d’un
outil commercial : la société à responsabilité limitée
(dans la limite de cent associés) ou société anonyme
coopérative.
| Nous
proposons de : |
| 97 |
Tenir compte
des sociétés coopératives
artisanales dès l’élaboration
des textes législatifs et réglementaires
pouvant les concerner, et préserver
leur statut fiscal particulier. |
| 98 |
Inscrire l’aide
aux coopératives d’artisans dans
les politiques nationales et régionales
en direction des petites entreprises. |
| 99 |
Favoriser la
formation au fonctionnement de la structure
coopérative
artisanale ainsi que le recours au conseil
et à l’audit coopératif. |
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