INTRODUCTION

Artisanat et petite entreprise : le choix d’un modèle économique performant

En guise d’état des lieux
L’économie française s’appuie sur deux millions et demi d’entreprises. 95 % d’entre elles ont moins de vingt salariés : ces petites entreprises emploient près de six millions de personnes, fournissant 30 % de l’emploi salarié et 37 % de l’emploi total. Le dynamisme retrouvé de notre économie doit donc beaucoup aux petites entreprises qui, pour une large part, relèvent du secteur de l’artisanat.
Dans les années 50, des économistes prévoyaient la disparition à court terme de l’artisanat et du commerce de proximité. Cette prédiction s’appuyait, d’une part, sur l’observation du processus de concentration industrielle et, d’autre part, sur les difficultés des petites entreprises à accéder financièrement aux évolutions technologiques. Or ces dernières, en particulier dans le domaine informatique, ont connu dès la fin des années 70 une formidable baisse des coûts, résultant notamment de la miniaturisation. En définitive, elles ont aidé ces catégories d’entreprises à opérer une mutation salutaire. Depuis vingt-cinq ans, les secteurs composés de petites entreprises sont ainsi en plein développement.
Pourtant, cette réalité et la fonction socioéconomique de l’entreprise indépendante sont souvent mal appréhendées. Si chacun connaît “bien” un artisan, un commerçant, et les problèmes qu’il rencontre, il n’a pas forcément la vision globale du secteur et de la place qu’il représente dans l’économie nationale.
Nombre d’observateurs jettent ainsi un regard condescendant sur des entreprises employant peu ou pas de salariés, et préfèrent accorder leur attention aux grands groupes, seuls regardés comme créateurs d’emploi et de croissance. Ces observateurs n’évaluent pas non plus l’impact du rôle structurant joué par la petite entreprise. Facteur de cohésion et d’équilibre, quelle que soit l’échelle territoriale considérée, elle demeure notamment le secteur par excellence où l’ascenseur social continue de fonctionner : tout apprenti entrant dans l’artisanat peut raisonnablement espérer devenir un jour le chef d’une entreprise prospère, assurant son confort et celui de sa famille.

Ce que nous voulons, ce que nous visons
Pour l’UPA, l’artisanat et la petite entreprise constituent un tissu économique et social essentiel qu’il faut non seulement préserver, mais également développer. C’est sa conviction et c’est le combat de ses représentants.
Nous défendons le concept de l’entreprise indépendante, autonome dans son activité et la manière dont elle l’exerce. Qu’elle ait un caractère artisanal, commercial, industriel ou de prestation de services, ce type d’entreprise a vocation à animer, en propre, une large part de notre économie nationale. Nous refusons la propension actuelle à en faire un vassal dépendant d’entreprises de plus grande taille, ou à la considérer comme ayant forcément vocation à devenir une PME. Il s’agit bien, pour l’UPA, de promouvoir un modèle économique d’entreprise à taille humaine, et non la création de nouveaux statuts juridiques, sociaux ou fiscaux. Nous affirmons que le dynamisme, l’indépendance, la créativité et la réactivité des petites entreprises les rendent aptes à créer de la richesse et de l’emploi. C’est à ce titre-là, et non au titre d’un quelconque assistanat, qu’elles doivent bénéficier de mesures publiques adaptées à leurs caractéristiques.
Il s’agit de créer les conditions pour que ces catégories d’entreprises françaises continuent d’être un puissant moteur de la croissance, en France comme en Europe.
Les propositions concrètes exposées dans ce document et les éléments d’analyse qui les soutiennent, doivent aider les élus de la République à mieux apprécier l’enjeu de notre projet et acquérir une vision plus claire des conditions de sa réussite.